
En matière de
sécurité informatique, c'est le sujet le plus polémique. Dès qu'on évoque la multiplication des codes malveillants qui attaquent les différents systèmes d'exploitation de
Windows (dont XP et Vista), il y a une réaction automatique qui apparaît dans les forums : « passez sous
Linux et vous n'aurez plus de soucis avec ces virus ».
La lecture du hors-série n°32 de Linux Magazine (sept-oct 2007) démontre que les
virus, vers et
rootkits existent sous
GNU/Linux. On y apprend notamment que le premier virus « officiel » a été écrit sous Unix en 1983 par Fred Cohen (de l'Université de Californie), considéré comme l'un des pères-fondateurs de la virologie informatique. Depuis 1995, « avec les virus de documents (les plus connus étant les fameux macro-virus), le risque viral concerne la couche applicative liée au traitement de documents bureautiques... A ce titre, tous les
systèmes d'exploitation sont concernés », écrit Eric Filiol (Directeur du laboratoire de virologie et de cryptologie opérationnelles - ESIEA Ouest) dans ce hors-série, page 5.
Un code malveillant exploitant une faille d'
OpenOffice peut donc contaminer une distribution GNU/Linux. C'est une première raison montrant que
Windows n'est pas le seul système vulnérable.
« Dans l'absolu, GNU/Linux est plus sûr mais si on l'utilise correctement c'est-à-dire pas en mode « administrateur » (
Root) et si on met à jour régulièrement son système. Ce n'est pas toujours évident pour les personnes découvrant Linux. Mais sous Windows, la situation est identique car de nombreuses personnes utilisent le compte administrateur et ne téléchargent pas toujours les mises à jour recommandées », constate Eric Filiol.
De là à penser qu'il faille installer un
antivirus sur un ordinateur fonctionnant sous
Ubuntu,
Mandriva ou
Fedora et c'est le flot d'injures ou de commentaires mettant en doute les compétences de certains experts reconnus et ne travaillant pas pour des éditeurs d'
antivirus.
La publication de ce billet devrait d'ailleurs donner lieu à pas mal de réactions plus ou moins constructives. Mais le but est d'informer le grand public, pas de prôner la bonne parole pour une chapelle en particulier.
Voici donc un exemple concret tendant à démontrer l'intérêt d'installer un
antivirus sous Ubuntu ou une autre distribution GNU/Linux.
Le postulat est le suivant et ne peut pas être remis en cause : Windows étant le système d'exploitation le plus répandu, il est logique que la majorité des codes malveillants visent cette solution.
Alors pourquoi utiliser un antivirus sous Linux ?
Il y a un cas précis et qui commence à se multiplier au fur et à mesure de l'hétérogénéité des systèmes d'exploitation présents dans un foyer grand public :
Si un PC sous
Linux reçoit un code malveillant écrit pour Windows (par exemple via une pièce jointe), il ne sera pas infecté. Mais si la personne sous Linux renvoie cette pièce jointe infectée vers un correspondant qui est, lui, sous Windows, ce dernier sera infecté. Installer un antivirus sous Linux peut donc être utile pour limiter la propagation d'un code malveillant.
Pour éviter des risques de propagation, il peut donc être utile d'installer un
antivirus sur son ordinateur fonctionnant sous
Ubuntu ou une autre distribution GNU/Linux.
Mais quel antivirus ? Il en existe quelques uns comme
ClamAV et
Avast. Deux logiciels
gratuits que l'on peut installer facilement. A noter que ClamAV permet une analyse en temps réel. Ce n'est pas le cas d'Avast. Résultat, en cas d'infection via une pièce jointe ou une faille dans OpenOffice, cet antivirus ne sonnerait pas l'alarme. Ce n'est que lorsque vous lancerez manuellement une analyse du PC qu'Avast pourra repérer l'infection.
La solution pourrait venir de
Doctor Web. Cet éditeur russe s'apprête à sortir un antivirus pour poste de travail permettant une
analyse en temps réel.
Mais ce sera un plus mais pas la panacée.
«Un scan en temps réel ne sera pas efficace, que l'on soit d'ailleurs sous Windows ou sous GNU/Linux, face à des attaques véritablement inconnues », prévient Eric Filiol.
Quel que soit le système d'exploitation installé sur un ordinateur, l'une des meilleures protections reste le comportement de l'utilisateur : ne pas cliquer sur n'importe quelle pièce jointe ou lien internet. Il doit aussi utiliser différents mots de passe "forts" (composés de lettres en majuscule, minuscule, de chiffres et de symboles) et mettre à jour en permanence son système d'exploitation et ses différents logiciels… et ne pas utiliser de versions piratées de logiciels.
Pour certains, cela peut paraître comme des évidences. Hélas, cela n'est pas partagé par tous les nouveaux utilisateurs d'Ubuntu ou d'une autre distribution.
A suivre...